Comment réussir sa lettre de motivation
Dans l’établissement du plan d’une lettre, pas question de se contenter de glisser en vrac tout ce que l’on souhaite livrer à son lecteur. Il s’agit de hiérarchiser les informations à distiller pour qu’elles s’enchaînent le mieux possible.
Nous vous conseillons de construire votre lettre en prévoyant trois paragraphes que l’on peut résumer par le triptyque VOUS-MOI-NOUS ou bien MOI-VOUS-NOUS :
- « Vous » : pourquoi vous m’intéressez
- « Moi » : ce que je peux vous apporter
- « Nous » : ce que nous pouvons faire ensemble
Ce sont les informations que tout recruteur souhaiterait trouver dans une lettre de motivation. Les deux premiers paragraphes peuvent être interchangés. Certains préfèreront parler d’eux avant que de parler de l’entreprise, il n’y a aucune règle imposée en la matière. L’essentiel étant de trouver les mots justes pour susciter la curiosité chez le lecteur dès les premières lignes.
Une introduction nerveuse et accrocheuse
Réussir cette introduction est vitale. Elle donne le ton de la suite et dessine un portrait en creux de celui qui écrit. Des phrases simples, courtes, interpellant le lecteur donneront de l’auteur une image dynamique. Au contraire si les phrases sont longues et alambiquées, complexes et difficiles à cerner, l’auteur sera jugé de la même manière. Pour autant, il ne faut pas tomber dans l’excès inverse qui consiste à ne jamais glisser plus de quatre mots dans une même phrase. Tout est question de dosage, de respiration, d’équilibre et d’alternance.
Extrait du guide de la lettre de motivation, de Michel Holtz
Groupe Express Editions
Trucs et astuces de style pour une lettre percutante
Positivez !
Certains termes sont révélateurs de l’état d’esprit d’un candidat. Anxieux, fébrile, timide, aigri, désespéré voire déprimé… Une lettre donne aussi la météo mentale de celui qui l’écrit. Même en y passant du temps, un indice négatif peut surgir au détour d’une phrase et donner au recruteur une information dévalorisante pour le candidat. Pour éviter ces écueils, il faut commencer par faire la chasse aux termes ou tournures négatives.
Tout ce qui qualifie une expérience, une formation, un résultat ou une demande d’entretien doit être formulé pour donner une impression de dynamisme. L’écriture est un grand révélateur de l’identité profonde de son auteur. Et sans rentrer dans l’univers du moi, du sur-moi et consorts, il est indiscutable que les mots employés sont d’autant plus révélateurs qu’ils sont écrits.
Évitez les suppliques
« (…) Je vous prie de bien vouloir examiner ma candidature, car je dois absolument trouver un emploi. » Le style suppliant de cette phrase rabaisse son auteur. Il n’est pas là pour quémander, mais pour vendre ses compétences à une entreprise. Dans un rapport donnant-donnant. Ce genre d’argument ne passe pas auprès d’un recruteur car il le force à déplacer son évaluation sur des critères sociaux plutôt que sur des critères de performance. Cette idée doit totalement disparaître d’une lettre de motivation. Privilégiez des arguments positifs sur les expériences qui pourront être utilisées dans cette entreprise.
Affirmez-vous
« (…) Je pense être à la hauteur de ce poste et être en mesure, le cas échéant de l’assumer, si vous le souhaitez. » L’auteur de ces lignes n’est sûr de rien et surtout pas de lui-même. Par excès de modestie, il passe pour un candidat mou. Et par une politesse outrancière (« si vous le souhaitez »), il semble manquer d’assurance. Écrire efficace nécessite parfois de se faire violence et de bâtir des phrases que l’on ne prononcerait pas telle quelle à l’oral. Cette phrase pourrait être remplacée par : « (…) Pour toutes ces raisons, je pense correspondre au profil décrit dans votre annonce. » Dans le paragraphe précédent, on aura pris soin de démontrer son adéquation au poste proposé.
Inspirez confiance par des preuves
« (…) Mes 55 ans ne doivent pas vous arrêter car je vous garantis une implication totale dans votre entreprise. » C’est le meilleur moyen de rendre un recruteur méfiant. Échaudé par les refus dus à son âge, le candidat pense judicieux de le rassurer sur sa motivation en positivant sur ce thème. Mais il s’y prend mal. Si le recruteur a des a priori sur les seniors, il ne changera pas d’avis en affirmant ce genre de promesse. Inutile de signaler explicitement son âge. C’est en évoquant sa longue expérience, la variété de ses missions et ses résultats probants que l’on inspire confiance.
Recherchez les critiques
Il faut toujours faire relire sa lettre de motivation. Même s’il y a urgence à répondre à une offre d’emploi et même si l’on est persuadé d’avoir rédigé un petit bijou de précision, la relecture critique est indispensable. Un ami, un parent, ou un professionnel si l’on a le temps d’en contacter un, peuvent faire l’affaire. À condition de les cadrer sur vos attentes : les critiques doivent être explicitées sinon elles ne servent à rien. Demandez-leur de se mettre à la place d’un recruteur qui reçoit votre lettre et de faire une double lecture : sur le fond et sur la forme. Sur le fond, ils doivent vous dire si vous apportez suffisamment de preuves sur votre détermination, votre motivation, votre adéquation par rapport au poste proposé. Sur la forme, ils doivent vous signaler les phrases trop longues, les tournures négatives, les formules alambiquées. Sollicitez deux à quatre personnes au maximum. La diversité de leurs points de vue reflètera les différents points de vue de recruteurs que vous pourrez rencontrer.
Extrait du guide de la lettre de motivation, de Michel Holtz
Groupe Express Editions
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